Portrait: Moncef BELKHAYAT, l’invité de l’AIENSIAS janvier 19, 2007
Posted by mchemssy in A la une, Portrait.trackback
Il fait ses premières armes chez Procter & Gamble avant même d’avoir décroché son diplôme à l’Iscae.Il commence comme vendeur-livreur et devient directeur régional à 25 ans.En 2000, il prend en charge le pôle commercial de Medi Telecom.
Moncef Belkhayat, directeur du pôle commercial chez Medi Telecom, n’a pas la réputation d’un tendre, aussi bien parmi ses collègues que ses relations professionnelles. Ce commercial dans l’âme, qui vous embobine en deux mots sans se départir de son sourire, prône une discipline quasi militaire, axée sur la culture du résultat. Quand on lui pose la question, cela lui arrache un sourire amusé. «Non, je ne suis pas dur, je suis exigeant, c’est tout ! J’ai très tôt intégré le concept anglo-saxon “ Win it or loose it” : on assure ou l’on part, on progresse ou l’on s’efface. Il n’y a pas de demi-mesure, c’est l’un ou l’autre».
Le déclic se produit en troisième année d’études
Né à Rabat en 1970, dans une famille de cinq enfants, Moncef Belkhayat se souvient d’une enfance heureuse mais marquée par la culture du travail. Son père, avocat au barreau de la capitale, ne cessait alors de lui répéter la sempiternelle et commune harangue : «Sois un homme mon fils». Mais le jeune Moncef qui, à six ans déjà, rêvait de créer une entreprise, est sous le charme de deux personnes : son oncle, haut fonctionnaire, qui l’a reçu un jour dans un bureau aussi spacieux qu’un terrain de foot, et son grand-père à la voiture flamboyante. A l’issue d’un parcours banal, le jeune élève aux notes moyennes obtient un Bac sciences expérimentales en 1988. Pas matheux pour un sou et alors qu’il avait une pré-inscription à Grenoble, il préfère passer le concours de l’ISCAE et le décroche.
S’ensuit le parcours normal de tout étudiant…, sauf qu’en 3e année, il «redécouvre» ses études et se passionne pour les matières du programme. La fameuse exhortation de son père, qui l’excédait à l’époque, va enfin trouver un écho auprès du jeune étudiant. Il se surpasse donc et ne se contente pas de cela. Nous sommes en juillet 1991: au lieu de l’habituel stage auquel il doit se plier, le jeune homme décroche un emploi à mi-temps chez IMM, filiale marocaine de Procter & Gamble. Parallèlement aux études, il va donc travailler et se plier aux contraintes d’une dure ascension puisqu’il commencera comme vendeur-livreur, faisant, à l’occasion, la tournée des souks. «L’année qui suivra sera dure», avoue-t-il. Un sacrifice payant : trois jours après son diplôme, il est recruté et donne la pleine mesure de ses ambitions.
Son credo : foncer dès qu’une idée lui vient à l’esprit
A vingt-cinq ans, il est déjà directeur régional en charge du marketing. Une année plus tard, il demande à s’expatrier, mais au lieu de Bruxelles où il rêvait de partir, on lui propose Djeddah, ce qu’il accepte sans rechigner. Là-bas, il gère un business de 200 millions de dollars et 110 commerciaux. Il réussit tant et si bien qu’on le nomme directeur régional pour les nouveaux marchés, toujours avec résidence à Djeddah. Cette période, dit-il, a été difficile mais il fallait assurer. «J’avais des journées de 12 à 13 heures. Heureusement que je m’étais marié à la même époque et que, le week-end venu, nous faisions, avec nos amis, soit du camping sauvage soit de la plongée sous-marine».
Il est alors confronté à la problématique de la pénétration de nouveaux pays et à la mise en place de réseaux de distributeurs dans des pays comme l’Algérie ou l’Ethiopie ou encore la Palestine.
Il passera au total quatre ans en Arabie Saoudite avant de revenir travailler au sein d’IMM. Pas pour longtemps. Début 2000, sa carrière va connaître un tournant décisif quand il est approché par Telefonica pour prendre en charge la direction commerciale de Medi Telecom qui vient d’obtenir la deuxième licence. Quand on lui demande de résumer cette expérience, le visage de Moncef Belkhayat s’illumine. «Cette période a été pour moi d’une richesse incomparable. J’y ai intégré à la fois mon savoir-faire et la confrontation de mes bagages théoriques avec la réalité. L’expérience Méditel, se rappelle-t-il, est unique en ce sens qu’il a fallu créer un réseau à partir de zéro. De 8 distributeurs et 250 points de vente, qu’il a fallu créer ex nihilo, l’entreprise en est aujourd’hui à 21 distributeurs et 4 400 points de vente. De même, l’accumulation de neuf années d’expérience chez Procter & Gamble n’a pas de prix». Et les études ? En dehors de son Bac+4 à l’Iscae, il aura bénéficié d’une formation diplômante de 13 semaines à l’université. Il n’a pas eu le temps et avoue ne pas en voir la nécessité. «Mon travail, mon expérience sont mon troisième cycle à moi».
Moncef Belkhayat se dit plus motivé par le plaisir de gagner et de faire preuve d’inventivité que par le besoin de prouver des performances ou d’obtenir, coûte que coûte, des résultats. Et même si on sent chez lui une sorte de pudeur à se livrer, l’homme est extrêmement sensible à la reconnaissance de son talent de créatif mais aussi de meneur d’hommes.
Sa botte secrète pour la réussite tient en peu de mots: travailler en flux tendu et foncer dès qu’une idée lui vient à l’esprit ou lui est proposée par son entourage. Le secret, si tant est qu’il y en ait un, dit-il, est un bon dosage du stress. C’est ainsi que pour déconnecter du monde professionnel, il se permet de donner trois heures de cours par semaine à l’Iscae, bénévolement. «Je dois beaucoup à cet institut, insiste-t-il, je suis fier de lui rendre un peu de ce qu’il m’a donné».
source: la vie eco

J e tiens à préciser également que Moncef Belkhayat , benificie d’une qualité humaine incomparable ,au dela du professionnalisme . Son expérience est un aujourd’hui un cas d’école .